10 avril 2006

L'autre Maroc ...

Preuve que le pays a beaucoup évolué, la génération de l’indépendance ne se reconnaît pas à travers ses enfants. Matérialistes et opportunistes, disent les uns, pragmatiques et ambitieux, répondent les autres.

Hier soir, mon père a demandé a ma soeur, qui prépare un master en finances : "Que pensent tes camarades de la guerre en Irak ?" elle l’a regardé d’un air incrédule et lui a répondu : "Rien !!" Il a insisté : "Comment rien ? vous n’en parlez pas entre vous ?" Sa réponse l’a sidéré : "Non", a-t-elle dit avec une désarmante simplicité. »
« L’université, qui était le lieu de tous les débats idéologiques et le bastion de toutes les contestations politiques, n’est-elle donc plus qu’une "usine à diplômes" ? Les temps ont décidément beaucoup changé. » a répliqué mon père.« Les jeunes d’aujourd’hui sont excessivement matérialistes. Ils sont plus soucieux de gagner de l’argent - le plus possible et le plus rapidement possible - que de forcer l’estime de leurs semblables. Chez eux, la réussite se juge aux signes extérieurs de richesse (voitures, voyages, etc.), et le chic réside dans l’ostentation, c’est-à-dire la high-tech : PC, DVD, GSM et PS ... Les jeunes fuient les débats d’idées et cherchent des solutions clés en main, explique mon père, d’ailleurs, ils sont plus curieux de découvrir une nouvelle gamme de téléphones portables qu’un nouvel ouvrage de philosophie ou un essai politique. Insensibles aux idéaux de justice et de liberté, jadis chers à leurs parents, ils ont perdu le sens de l’engagement pour une cause, un idéal, une idée. »

Ce portrait, qui pèche par excès de schématisation, mérite d’être nuancé. Réplique ma soeur : « Les jeunes d’aujourd’hui sont certes plus matérialistes que leurs aînés, mais la vie n’est-elle pas plus dure pour eux qu’elle ne l’était pour leurs parents ? S’ils donnent parfois l’impression de manquer de coeur, c’est parce que rien ne leur est donné en cadeau. Pour survivre, ils sont obligés d’être compétitifs, pragmatiques, et donc forcément moins sentimentaux, moins romantiques. » Pour appuyer son propos, ma soeur compare notre génération à celle de mon père : « Après l’indépendance. Le Maroc avait besoin de cadres dans tous les domaines. Avec seulement deux années d’études supérieures, mon oncle avait l’embarras du choix. En quelques années, il pouvait devenir haut fonctionnaire, général d’armée ou capitaine d’industrie. Il a choisi d’être un homme d’affaires. Ce qu’il est devenu sans effort particulier. Après le départ des colons français, tout était à faire, et la concurrence était nulle !! Mon oncle a carrément été assailli par un banquier qui voulait lui accorder un prêt pour l’encourager à lancer son entreprise. Aujourd’hui, même bardé de diplômes, un jeune doit surmonter de nombreux obstacles avant de se voir octroyer un crédit bancaire de quelques 100 000 DHS, nécessaires à la création d’une PME. L’horizon est désormais encombré. Pour décrocher un diplôme, trouver du travail et, surtout, le garder, nous sommes obligés de cravacher dur et de jouer des coudes. Tout cela laisse peu de place aux sentiments et aux idéaux. »

Mariages Forcés

Au Maroc, comme dans nombreuses régions du monde, des jeunes filles sont contraintes par leur famille ou au nom de la tradition d’épouser un homme qu’elles n’ont pas choisi. Un prétendant que parfois, elles n’ont jamais rencontré.

Les mariages forcés constituent des violations graves des droits de l’homme. Il est scandaleux que sous couvert du respect de la culture et des traditions, il se trouve des autorités pour tolérer de tels mariages bien que ceux-ci violent les droits fondamentaux de chaque victime. Le mariage forcé se définit comme l’union de deux personnes dont une au moins n’a pas consenti entièrement et librement à se marier. De tels mariages n’ont plus lieu d’être dans notre société qui respecte les droits de l’homme.

Les mariages d’amour sont rares, certains parents empêchent leur fils ou leur fille de se marier avec l’être aimé. Ils ne se rendent pas compte qu’ils détruisent ainsi leur enfant, font de lui un être haineux et tuent toutes ses ambitions... Alors, les jeunes préfèrent les vivre cachés. C’est le cas de plusieurs jeunes marocains, qui ne cherchent qu’une salle de cinéma, un jardin, un café pour se rencontrer !!!

09 avril 2006

Au delà des hopitaux...

Je suis vraiment effarée par l’état pitoyable des hôpitaux publics au Maroc.
L’été dernier, j’étais à El Jadida, je suis partie rendre visite à une femme qui travaillait chez mon père et qui était malade (lah irhamha), elle était dans un hôpital public !!! Par où commencer !!! Des chats partout, des malades sanguinolents qui attendent depuis des heures, allongés par terre et hurlent de douleurs, 40 dhs pour accéder aux urgences, et cela avant qu’on vous demande de ressortir acheter les médicaments...

Alors, passons aux chambres : les malades sont entassés à 8 dans la même chambre, les visiteurs les envahissent, même les draps et couvertures ne sont par fournis !!! Les médecins, comme des bouchers avec leurs tabliers blancs sales.

J’en suis revenue écoeurée et je prie Dieu qu’Il vienne en aide à tous ceux qui sont malades.

Mais où va le Maroc ? N’existe-t-il pas de budget santé ???

A vrai dire, le Maroc est plus préoccupé des médailles que vont rapporter les sportifs que de la santé des plus pauvres. Il est prêt à dépenser des milliards pour une coupe du monde qu’il n’aura jamais, mais pas un centime pour la santé de son peuple !!!