10 avril 2006
La belle mère ... une chance pour l'enfant?
Pas facile d’apprivoiser une belle mère, quand on perd sa propre mère. Comment trouver la bonne distance, distinguer le rôle de chacun...
« Qu’est-ce qui fait la différence entre une vraie mère et une belle-mère ? La mère “est” la mère ; la belle-mère “fait” la mère. »
Au départ, il y avait de bonnes intentions de part et d’autre. Ma belle-mère était bien disposée à mon égard, puisqu’elle aimait mon père et qu’elle avait envie que tout se passe bien. Moi, souhaitait voir mon père heureux. Mais dans la réalité, tout se complique ! J’avais mon papa pour moi seule, (enfin pas seule, il y avait mes deux soeurs, mais là je vous parle de mon expérience) alors je devais partager son temps et son affection avec la nouvelle venue. Une intruse qui non seulement me dérangeait dans mon équilibre familial mais, en plus, anéantit mon secret espoir que mon père n’aimerait que ma mère.
De son côté !!!
Elle se retrouvait devant une enfant qui lui est étrangère. Elle ne m’a ni désiré, ni conçue, ni portée, ni élevée. Je lui rappelais en permanence que mon père a aimé une autre femme avant elle. Et ma personnalité ne l’attirait pas toujours.
De mon côté !!!
Devant la peur de « l’inconnue », je risquais de me montrer méfiante, fermée, agressive ou provocatrice. J’étais une enfant blessée, qui a connu la souffrance de la mort de sa mère. Même si certains prétendaient que j’allais bien, même si l’histoire était un peu ancienne, même si tout semblait s’être passé à l’amiable... J’étais d’une infinie fragilité.
Relations de rivalité, de jalousie, d’agressivité... Difficile, dans ces conditions, d’éviter les maladresses qui mettent parfois le feu aux poudres. Certaines belles-mères trouvent plus aisément la bonne longueur d’ondes. La mienne n’a jamais essayé ...
19:00 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Le Maroc...Les travestis!!!
Au parc de la Ligue arabe, les travestis ont toujours pignon sur rue. Plus efféminés que les femmes elles-mêmes, ces hommes vivent pratiquement dans un monde parallèle. Ils forment une vraie communauté, avec leur misère, les disputes et les courses avec la police.
Les filles ne sont plus les seules à prendre ces risques. De jeunes garçons travestis prennent le relais. Ils ont ainsi fait du parc de la ligue arabe leur territoire qu’ils ne partagent avec aucune fille, la nuit. Je m’appelle Nada, mais mon vrai nom c’est Mohamed. Il est beaucoup plus efféminé que n’importe quelle autre femme. Je suis issu d’une famille berbère très conservatrice qui n’a pas accepté ce qu’allait être ma condition. J’ai essayé de les convaincre que j’étais comme ça, mais ils n’ont pas voulu m’écouter. J’ai même essayé de me suicider, dit-il. Ce n’est qu’après cette tentative, qu’ils ont accepté de le laisser sortir la nuit, en prétendant qu’il bosse dans une boite de nuit. Nada, lui, raconte qu’un jour, il a été victime d’une violence gratuite. Deux femmes dans une voiture sont venues lui proposer de les accompagner moyennant 300 dirhams. L’argent encaissé, il est parti avec elles sur la route de Berrechid. Arrivé dans une villa, trois hommes en sont sortis, l’ont roué de coups et dévêtu, puis l’ont laissé sous le froid. Ce sont les risques du métier. Iman, lui, n’a pas que des raisons financières, puisqu’il est issu d’une famille qui est loin d’être dans le besoin, comme il l’affirme. Toutefois, l’explication qu’il avance est loin d’être convaincante."C’est juste que j’arrive pas à dormir la nuit". En réalité sa famille l’a mis dehors quand elle a découvert son homosexualité. Plus personne ne lui adressait la parole, ni ses parents ni ses cinq soeurs. Malgré la bonne éducation de base qu’il a reçue, il est aujourd’hui à la merci des clients. Mais, qui peuvent être leurs clients ? Ce ne sont sûrement pas les couches défavorisées de la société comme on aurait tendance à le croire. "J’ai un client qui est directeur d’une agence bancaire", explique Nada. Et d’ajouter en se dînant :"Je suis plus charmante que sa femme". Ce monde nocturne a ses règles, ses mauvaises surprises et... Ses miracles que, sans doute, tout un chacun, là-bas, attend !
11:00 Publié dans Articles d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
L'autre Maroc ...
Preuve que le pays a beaucoup évolué, la génération de l’indépendance ne se reconnaît pas à travers ses enfants. Matérialistes et opportunistes, disent les uns, pragmatiques et ambitieux, répondent les autres.
Hier soir, mon père a demandé a ma soeur, qui prépare un master en finances : "Que pensent tes camarades de la guerre en Irak ?" elle l’a regardé d’un air incrédule et lui a répondu : "Rien !!" Il a insisté : "Comment rien ? vous n’en parlez pas entre vous ?" Sa réponse l’a sidéré : "Non", a-t-elle dit avec une désarmante simplicité. »
« L’université, qui était le lieu de tous les débats idéologiques et le bastion de toutes les contestations politiques, n’est-elle donc plus qu’une "usine à diplômes" ? Les temps ont décidément beaucoup changé. » a répliqué mon père.« Les jeunes d’aujourd’hui sont excessivement matérialistes. Ils sont plus soucieux de gagner de l’argent - le plus possible et le plus rapidement possible - que de forcer l’estime de leurs semblables. Chez eux, la réussite se juge aux signes extérieurs de richesse (voitures, voyages, etc.), et le chic réside dans l’ostentation, c’est-à-dire la high-tech : PC, DVD, GSM et PS ... Les jeunes fuient les débats d’idées et cherchent des solutions clés en main, explique mon père, d’ailleurs, ils sont plus curieux de découvrir une nouvelle gamme de téléphones portables qu’un nouvel ouvrage de philosophie ou un essai politique. Insensibles aux idéaux de justice et de liberté, jadis chers à leurs parents, ils ont perdu le sens de l’engagement pour une cause, un idéal, une idée. »
Ce portrait, qui pèche par excès de schématisation, mérite d’être nuancé. Réplique ma soeur : « Les jeunes d’aujourd’hui sont certes plus matérialistes que leurs aînés, mais la vie n’est-elle pas plus dure pour eux qu’elle ne l’était pour leurs parents ? S’ils donnent parfois l’impression de manquer de coeur, c’est parce que rien ne leur est donné en cadeau. Pour survivre, ils sont obligés d’être compétitifs, pragmatiques, et donc forcément moins sentimentaux, moins romantiques. » Pour appuyer son propos, ma soeur compare notre génération à celle de mon père : « Après l’indépendance. Le Maroc avait besoin de cadres dans tous les domaines. Avec seulement deux années d’études supérieures, mon oncle avait l’embarras du choix. En quelques années, il pouvait devenir haut fonctionnaire, général d’armée ou capitaine d’industrie. Il a choisi d’être un homme d’affaires. Ce qu’il est devenu sans effort particulier. Après le départ des colons français, tout était à faire, et la concurrence était nulle !! Mon oncle a carrément été assailli par un banquier qui voulait lui accorder un prêt pour l’encourager à lancer son entreprise. Aujourd’hui, même bardé de diplômes, un jeune doit surmonter de nombreux obstacles avant de se voir octroyer un crédit bancaire de quelques 100 000 DHS, nécessaires à la création d’une PME. L’horizon est désormais encombré. Pour décrocher un diplôme, trouver du travail et, surtout, le garder, nous sommes obligés de cravacher dur et de jouer des coudes. Tout cela laisse peu de place aux sentiments et aux idéaux. »
10:40 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Mariages Forcés
Au Maroc, comme dans nombreuses régions du monde, des jeunes filles sont contraintes par leur famille ou au nom de la tradition d’épouser un homme qu’elles n’ont pas choisi. Un prétendant que parfois, elles n’ont jamais rencontré.
Les mariages forcés constituent des violations graves des droits de l’homme. Il est scandaleux que sous couvert du respect de la culture et des traditions, il se trouve des autorités pour tolérer de tels mariages bien que ceux-ci violent les droits fondamentaux de chaque victime. Le mariage forcé se définit comme l’union de deux personnes dont une au moins n’a pas consenti entièrement et librement à se marier. De tels mariages n’ont plus lieu d’être dans notre société qui respecte les droits de l’homme.
Les mariages d’amour sont rares, certains parents empêchent leur fils ou leur fille de se marier avec l’être aimé. Ils ne se rendent pas compte qu’ils détruisent ainsi leur enfant, font de lui un être haineux et tuent toutes ses ambitions... Alors, les jeunes préfèrent les vivre cachés. C’est le cas de plusieurs jeunes marocains, qui ne cherchent qu’une salle de cinéma, un jardin, un café pour se rencontrer !!!
10:25 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
09 avril 2006
Au delà des hopitaux...
Je suis vraiment effarée par l’état pitoyable des hôpitaux publics au Maroc.
L’été dernier, j’étais à El Jadida, je suis partie rendre visite à une femme qui travaillait chez mon père et qui était malade (lah irhamha), elle était dans un hôpital public !!! Par où commencer !!! Des chats partout, des malades sanguinolents qui attendent depuis des heures, allongés par terre et hurlent de douleurs, 40 dhs pour accéder aux urgences, et cela avant qu’on vous demande de ressortir acheter les médicaments...
Alors, passons aux chambres : les malades sont entassés à 8 dans la même chambre, les visiteurs les envahissent, même les draps et couvertures ne sont par fournis !!! Les médecins, comme des bouchers avec leurs tabliers blancs sales.
J’en suis revenue écoeurée et je prie Dieu qu’Il vienne en aide à tous ceux qui sont malades.
Mais où va le Maroc ? N’existe-t-il pas de budget santé ???
A vrai dire, le Maroc est plus préoccupé des médailles que vont rapporter les sportifs que de la santé des plus pauvres. Il est prêt à dépenser des milliards pour une coupe du monde qu’il n’aura jamais, mais pas un centime pour la santé de son peuple !!!
19:10 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note




